L'illettrisme ou le monde social à l'aune de la culture

Publié le par michael crabb


 
 
 
L' " illettrisme " fait désormais partie des grands problèmes sociaux publiquement reconnus en France, considéré comme une priorité nationale par les plus hautes instances de l'État.
 
Depuis l'invention du néologisme, à la fin des années soixante-dix, on a assisté à la fantastique
" promotion " publique de ce problème, dont personne n'oserait plus mettre en doute l'existence.
 
Mais entre la réalité des inégalités d'accès à l'écrit, qu'il ne s'agit pas de nier, et les discours qui sont censés en parler, le rapport n'a rien d'évident.
 
En analysant les grandes phases de la construction publique du problème, mais aussi et surtout la rhétorique des discours, la sociologie historique de l' " illettrisme " nous donne les moyens de prendre conscience des présupposés et des pièges des discours publics.
 
Elle permet notamment de saisir les processus de stigmatisation qu'induit la valorisation sociale de la culture lettrée ainsi que les rapports intimes entre éthique (ce qui rend la vie digne d'être vécue) et ethnocentrisme culturel qui caractérisent une société dans laquelle la culture est presque devenue la mesure de toute chose : de l'accomplissement individuel à la citoyenneté, de l'humanité à la vertu.

 


 

(voir aussi interview de Lahire "Pratiques langagières en milieux populaires", pour un dossier intitulé "oral et ZEP"
 
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