Analyse culturelle des discours

Publié le par b.ali

Pour prolonger ce qui a été initié par Privat:

« À propos des cultures populaires »

Débat qui a servi de base à la publication du volume Le savant et le populaire. Misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature, Paris, Gallimard/Le Seuil, 1989 («Hautes Études»).

Ce texte constitue la reprise de trois séances de débats consacrées aux problèmes de construction d’objet que pose à la sociologie de la culture le cas des cultures populaires (séminaire de l’École des hautes études en sciences sociales des 17 février, 24 février et 10 mars 1982).


Cette publication électronique est une édition revue et corrigée du numéro 1 d’Enquête. Cahiers du CERCOM, publié conjointement en avril 1985 par l'EHESS, le CNRS et l'université de Nice.

 

***

 


 

"Misérabilisme et populisme"

passage d'une interview de Passeron (au sujet de Richard Hoggart)

 

 


 

citations tirés du Magazine de l'Homme Moderne

dans "Le lexique "bourdieusien"", une sélection de morceaux choisis rangés alphabétiquement par notion

(Pour les amoureux de Bourdieu, une visite du site plus fouillée s'impose...)

CULTURE POPULAIRE

« Le culte de la « culture populaire » n'est, bien souvent, qu'une inversion verbale et sans effet, donc faussement révolutionnaire, du racisme de classe qui réduit les pratiques populaires à la barbarie ou à la vulgarité : comme certaines célébrations de la féminité ne font que renforcer la domination masculine, cette manière en définitive très confortable de respecter le « peuple », qui, sous l'apparence de l'exalter, contribue à l'enfermer ou à l'enfoncer dans ce qu'il est en convertissant  la privation en choix ou en accomplissement électif, procure tous les profits d'une ostentation de générosité subversive et paradoxale, tout en laissant les choses en l'état, les uns avec leur culture ou leur (langue) réellement cultivée et capable d'absorber sa propre subversion distinguée, les autres avec leur culture ou leur langue dépourvues de toute valeur sociale ou sujettes à de brutales dévaluations que l'on réhabilite fictivement par un simple faux en écriture théorique. »

(in Méditations pascaliennes, pp.91-92, Seuil, 1997.)

« Mais je crois qu'il est des manières, très confortables en définitive, de respecter le peuple, qui reviennent à l'enfermer dans ce qu'il est, à l'enfoncer, pourrait-on dire, en convertissant la privation en choix électif ou en accomplissement ultime. le culte de la culture populaire (dont le paradigme historique est le Proletkult) est une forme d'essentialisme, au même titre que le racisme de classe qui réduit les pratiques populaires à la barbarie — et dont il n'est, bien souvent,  qu'une inversion, faussement radicale : il procure en effet les profits de subversion ostentatoire, du radical chic, tout en laissant  les choses en l'état, les uns avec leur culture réellement cultivée, et capable d'absorber sa propre mise en question, les autres avec leur culture décisoirement et fictivement réhabilitée. L'esthétisme populiste est encore un des effets, sans doute les plus inattendus, du scholastic bias, puisqu'il opère une universalisation tacite du point de vue scolastique qui ne s'accompagne nullement de la volonté d'universaliser les conditions de possibilité de ce point de vue.
[...] Constat simple qui conduit à un programme éthique ou politique, lui-même très simple : on ne peut échapper à l'alternative du populisme et du conservatisme, deux formes d'essentialisme tendant à consacrer le statu quo, qu'en travaillant à universaliser les conditions d'accès à l'universel. »

(in Raisons pratiques, pp.232-233, Seuil, 1994)

 


 

"Peut-on encore parler de légitimité culturelle?"

Jean-Louis FABIANI, Directeur d'études à l'EHESS

* réexamen des instruments descriptifs des sociologues

* relecture des systèmes interprétatifs

* comment (ré)interroger le principe de hiérarchisation culturelle? 

Publié dans cours en ligne

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